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Lieu: Galerie Ombres Blanches | Ville: Toulouse, France
Source évènement et illustration : Contributeur Toulouse Bouge !
Les images de Jacques Mataly plongent le regard dans des vues maritimes à la force abstraite brute. Elles sont à la fois rigoureusement géométriques et éminemment poétiques : leur format carré est divisé en deux parties égales sur l’axe d’une ligne d’horizon au pouvoir tant graphique que symbolique. L’esprit se balance, se projette et s’évade alors sur cette simple ligne, lisière entre l’ici et l’ailleurs, la réalité et l’imaginaire.
Les photographies donnent lieu à une juxtaposition de surfaces de couleurs nuancées au grain marqué qui se détachent de la pénombre, comme sculptées par l’incandescence des premières lueurs du matin. Les plans fusionnant, la perspective se brouille et le sujet devient abstrait. Très vite, nous oublions le medium photographique pour ne plus percevoir que l’image, image que l’on dira volontiers picturale. D’un point de vue formel, cette stratification de blocs de couleur rectangulaires aux frontières floues et envoûtantes rappellent volontiers les œuvres abstraites d’un Mark Rothko. L’élan romantique qu’inspire ces horizons infinis s’apparente quant à lui davantage à l’esprit des expressionnistes allemands, entre vertige du sublime et voyage intérieur. Jacques Mataly ne contemplerait-il pas ici l’horizon lointain – et nous son œuvre – tel le voyageur de Caspar David Friedrich contemplant la mer de nuages ?
Ces lieux non identifiables vibrent dans l’obscurité et la solitude sans qu’aucun relief pittoresque ou silhouette ne viennent rompre l’harmonie silencieuse de leur ligne d’horizon. Ainsi épurée, l’image semble décupler son pouvoir d’attraction, invitant l’esprit vagabond à quitter la rive pour venir s’engouffrer dans la longue brèche qui se dessine au loin. La géographie inconnue de ces lieux semble ainsi bien être celle de l’espace liminal marquant la rencontre entre le ciel et la mer, le jour et la nuit, la réalité et le fantasme.
Telles sont la force graphique et la magie de ces photographies échappant subtilement aux poncifs de la marine. « Ce n’est pas l’horizon auquel on veut nous faire croire qu’on voit, mais c’est l’image elle-même qui qui devient un nouvel horizon « , remarque Allan Humerose.
Maxime Papaux
Fribourg, mars 2023